
Michel Sauvade
Maire de Marsac-en-Livradois
Intimement persuadé qu’on n’a jamais raison tout seul en politique, cet élu nous partage son regard optimiste sur la situation et sur la société où, selon sa conviction, chacun a sa place dans une construction où tous les rôles sont importants !
Qu’est-ce qu’être maire en 2021 ?
Le maire est un ambassadeur, valorisateur, à l’écoute !
Il doit permettre à chacun d’exprimer ou donner le meilleur de lui-même pour l'intérêt de la commune.
Vous êtes également co-président de la commission numérique de l’association des Maires de France et des présidents d'Intercommunalités...
Ce qui est intéressant avec l’AMF, c’est la capacité à dépasser totalement les clivages politiques pour raisonner dans une logique d’aménagement du territoire pour tous les français et françaises.
Mon rôle consiste à mettre autour de la table l'ensemble des communes de France, de la plus petite jusqu’à la ville de Paris, afin de permettre à chacun de partager sur le sujet du numérique.
Selon vous, le numérique est un “outil qui doit être mis à la disposition du plus grand nombre”
Au niveau d’une commune, être présent sur internet ou via une application nommée Illiwap pour donner des informations pratiques (météo, services, ouverture, alerte travaux, coupure électricité…) ou encore disposer d’un panneau d’affichage électronique permet de transmettre des informations aux administrés mais aussi d’échanger !
J’ai été un des premiers professeurs en France à avoir une salle équipée d’internet. Le numérique est révélateur d’un état d’esprit : quelqu’un qui va partager est une personne qui va vouloir aller vers les autres, échanger.


Comment définiriez-vous l’attractivité de Marsac-en-Livradois en termes touristique, résidentiel et d'environnement de travail ?
De mon point de vue, les 3 sont liés. Nous donnerons envie aux touristes de venir sur notre territoire à condition de bien y vivre nous-mêmes !
Nous avons la chance d'être dans une situation plutôt favorable : au cœur du Livradois-Forez, à 10 minutes d’Ambert, en somme, près de tout. Nous sommes à la fois protégés et assez ouverts sur l'extérieur. Contrairement aux idées reçues, d’autres secteurs sont plus enclavés pour rejoindre Clermont chaque jour.
Nous vivons dans un environnement convivial, propice à un travail apaisé. Je suis persuadé que nous pouvons accueillir des gens qui pourraient exercer leur activité professionnelle sur 3 jours, faire du vélo le week-end, aller au marché à Marsac pour repartir le lundi. Nous sommes en capacité de le faire car la commune vient d'être fibrée !
Comment maintenir cette attractivité ?
Le point fort de Marsac-en-Livradois est d’avoir atteint une masse critique suffisante.
Actuellement, on y trouve épicerie, boulangerie, boucherie, maison de la presse et bureau de tabac… Mais si demain, un des commerces disparaît, tous seront menacés. Il est important de se battre et d’accompagner ceux qui veulent s’engager. Actuellement, des initiatives privées se développent. En tant qu’élus, je considère que nous sommes là pour les aider : nous n’avons pas vocation à les gérer mais à les accompagner au mieux.
Les populations, notamment les jeunes parents, adoptent un mode de vie urbain. Il faut essayer de proposer en campagne des services différents mais qui se rapprochent de ceux des villes. Nous devons créer une proximité entre les parents d’élèves pour que tous s’entraident naturellement. C’est un enjeu fondamental qui n’est pas qu’un enjeu de moyens !
Et côté accès aux soins ?
C'est un vrai sujet où nous devons raisonner en réseau de santé pour les bassins de vie.
Dans le cas particulier de Marsac, nous avons réussi, depuis 2011, à enrichir l’offre médicale. Nous avons construit un projet, non pas de maison médicale, mais un Espace Rural de Service (ERS) de proximité à un moment où l’on ne parlait pas encore de tiers lieu. Le bâtiment, qui propose des caractéristiques architecturales particulières, a été primé au niveau national.
Celui-ci a permis non seulement de garder les médecins et de faire venir davantage d'infirmiers et kinésithérapeutes.
Mais, depuis le mois de décembre dernier, nous avons perdu 1 des 2 médecins, soulignant toute la fragilité du système et du recrutement sur notre territoire.


Quels projets portez-vous actuellement pour votre commune ?
Dans l’immédiat, il y a quelques éléments bâtimentaires en cours comme la réalisation du club house pour le terrain de foot qui se termine. Mais l’enjeu du mandat est d’améliorer la traversée du village par la RN906, actuellement difficile et sans visibilité. Un gros investissement a été fait pour faire la première partie du chantier pour sécuriser, faire ralentir, valoriser l’espace vivant. Il y aura une seconde partie sous 2 ans pour l'assainissement.
Notre priorité est aussi de développer les services. Une extension de la cantine scolaire est prévue pour 2022. Nous avons un projet de maison d’assistantes maternelles qui démarre avec le point sur les locaux.
Vous accordez également de l'importance à la culture et à la vie associative
La culture est fédératrice de la commune avec une programmation éclectique ! On ne s’interdit rien.
La vie associative est très riche. Elle a été particulièrement secouée par la Covid, mais nous gardons la volonté d’avoir une animation culturelle dense.
C'est la raison pour laquelle nous avons acheté un hôtel au milieu de la commune - l’hôtel Roux - avec un bar des années 50 où l’ambiance est plus qu’appréciée ! Avant la Covid, cet endroit avait permis de proposer des minis concerts, des spectacles… Les anciennes chambres servent aussi de lieu d'exposition. C’est un endroit très recherché par les photographes. Un projet de clip pour un groupe de musique lyonnais est notamment en cours ! À horizon 10 ans, nous avons l’ambition d’en faire un tiers lieu à vocation culturelle, avec également des espaces de travail à proximité, le tout accessible dans le périmètre de l’école.


Quels sont pour vous les enseignements de cette période “Covid” ?
Cet épisode a confirmé la capacité d’adaptation à une condition plus que difficile mais aussi la nécessité de se prendre en charge soi-même et de ne pas attendre trop de l'extérieur. En tant qu’élu, même si on a été informé hebdomadairement, je trouve qu’on manque d’informations et qu’on subit des décisions locales pour lesquelles nous sommes très peu consultés.
De la même façon qu’il y a une liaison évidente entre régions et EPCI (Établissement Public de Coopération Intercommunale), il est certain aujourd’hui que le Département est l’échelon indispensable consubstantiel des communes. C’est vraiment là qu’il y a l’action immédiate du terrain !
Si l’on vous remettait une baguette magique, quels seraient vos souhaits ?
J’aimerais que chacun puisse donner le meilleur de lui-même et en soit récompensé, en d’autres termes d’avoir une vie la plus heureuse possible !
Je crois profondément à “l'individu persona”. On est là pour renvoyer aux gens la meilleure image d’eux-mêmes. Tout le monde a un côté positif, il faut donner envie à chacun de s’investir et d’aller vers les autres !
« Quand on parle de couverture mobile, on parle de réseau, mais le réseau qui couvre la France de la façon la plus complète est la France des communes ! »
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Carte d’identité de la commune de Marsac-en-Livradois
Situation
Habitants
Superficie
Caractéristique
Retour sur le parcours de Michel Sauvade
Parcours professionnel
Enseignant professeur histoire géo, plus particulièrement depuis 1987 au lycée Blaise Pascal à Ambert
Parcours politique
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Maire de Marsac-en-Livradois depuis 2008, adjoint depuis 1995
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Président de la communauté de communes Livradois Portes d’Auvergne 2008-2015
Conseiller départemental du canton d’Ambert -
Vice-président du Conseil départemental du Puy de Dôme, en charge du numérique
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Vice-Président de l’Association des Maires du Puy de Dôme
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Co-président de la commission numérique de l’AMF, membre du comité directeur
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Président du comité national de dialogue sur l’exposition du public aux ondes magnétiques, institué par loi abeille en 2015 et relève de l’ANFR (Agence Nationale des Fréquences Radios)